La DMLA peut occasionner des hallucinations

La DMLA peut occasionner des hallucinations

Une étude, publiée dans la revue scientiphique Current Biology, tente d’expliquer pourquoi certaines personnes atteinte d’une forme avancée de DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge), et « saines d’esprit », sont sujettes à des hallucinations visuelles. Un paradoxe, qui en fait, n’en est pas vraiment un.

Rappel sur la DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une affection qui touche directement la macula, autrement dit, le centre de la rétine. En effet, dans la DMLA, c’est la partie centrale de la vision qui est touchée. Une personne atteinte de DMLA conservera sa vision périphérique. Elle toucherait environ 1,5 million de personnes en France. Dans notre pays, il s’agit de la première cause de cécité chez les plus de 50 ans.

Il existe deux formes de DMLA :

  • La forme sèche : un processus lent qui peut prendre une dizaine d’années avant que le patient ne ressente une réelle perte de vision. Il n’existe pour l’heure, aucun traitement à cette forme de DMLA.
  • La forme humide : C’est une forme à évolution beaucoup plus rapide, de l’ordre de quelques semaines, voire quelques jours. Elle se caractérise par l’apparition de nouveaux vaisseaux anormaux, en grand nombre et très fragiles, sous la rétine. La maladie peut être ralentie à l’aide de médicaments. Toutefois, le risque demeure car elle peut prendre sa forme sèche au bout de quelques années.

L’âge et la prédisposition génétique sont les principaux facteurs de risques. Mais il convient bien entendu d’y ajouter le tabac et l’alcool.

Hallucinations et problème de vision

On sait, depuis quelques temps déjà, que certaines personnes souffrants d’un déficit visuel important peuvent avoir des hallucinations visuelles. Des personnes saines d’esprit, et pourtant frappées d’hallucinations plus ou moins complexes. De prime abord, ce qui surprend le plus c’est le fait qu’elles soient basées sur un sens qui leur fait défaut. Mais c’est sans compter sur notre cerveau. L’étude montre en effet que ces phénomènes hallucinatoires seraient dus à une stimulation anormale de la partie du cerveau servant à traiter les informations visuelles.

Le syndrome de Charles Bonnet

Ces hallucinations s’apparentent au syndrome de Charles Bonnet. Charles Bonnet a décrit en 1760 les hallucinations visuelles complexes que voyait son grand-père alors âgé de 87 ans. La particularité de ces visions tient au fait que non seulement cet homme était sain d’esprit, mais qu’il était aveugle. En effet, il souffrait d’une cataracte bilatérale ayant entrainé une cécité presque complète. Malgré ça, cet homme disait voir des personnages, des oiseaux, des voitures attelées, des bâtiments ou encore des tapisseries. Toutefois, s’il put décrire ces symptômes, il ne pouvait pas en découvrir l’origine avec les moyens de l’époque.

Qu’on découvert les chercheurs ?

Les chercheurs ont souhaité savoir comment fonctionnaient ces hallucinations et pourquoi certaines personnes en étaient victimes. Pour cette étude, ils ont alors réparti plusieurs volontaires en 3 groupes : un premier composé de patients atteints d’une DMLA accompagnée d’hallucinations, un autre avec DMLA mais sans hallucination et enfin, un dernier groupe de personnes témoins, sans problème de santé particulier.

Les chercheurs ont alors surveillé l’activité cérébrale de chacun des groupes. Il est rapidement apparu que le groupe ayant des hallucinations avait un cortex visuel bien plus stimulé que celui des deux autres. « Au cours de notre étude, aucune personne n’a été victime d’hallucination. On en conclut donc que cette hyperstimulation de l’activité cérébrale n’est pas celle qui les déclenche, mais certainement un facteur le favorisant« . Les recherches se poursuivent donc pour tenter de déterminer comment elles se déclenchent et quelle en est la cause exacte.

Un cerveau qui « compense »

Notre cerveau n’aime pas les paradoxes. Si nous avons les yeux ouverts, il s’attend à recevoir une image. Or, dans le cas de personnes atteintes de cécité ou dont la vue est significativement altérée, cette image n’arrivera jamais, ou ne sera pas suffisamment claire. Devant ce manque, notre cerveau va en quelque sorte combler le vide. Ne recevant pas les informations qu’il attend, mais devant fabriquer une image, il va alors piocher des éléments dans nos souvenirs, voire dans notre imagination.

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