Un rendez-vous chez un ophtalmologiste ? Bon courage !

Ophtalmologiste

Un rendez-vous chez un ophtalmologiste ? Bon courage !

Aujourd’hui en France il faut compter en moyenne 87 jours pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste. Et encore, on parle ici d’une moyenne. Si vous êtes dans la Loire il faut compter plus de 320 jours… On fait des bébés plus vite que ça ! Les disparités territoriales sont énormes. Pour une même population, on compte 10 fois plus d’ophtalmologiste à Paris qu’en Haute-Saône, alors même que la population y est en moyenne plus jeune.

Une situation de blocage

En France on compte environ 6.000 ophtalmologistes, soit à peu près 1 pour 11.000 habitants. . Le problème vient du fait que les deux tiers des ophtalmologistes sont des seniors, dans 15 ans, ils seront à la retraite. Il ne devrait plus y avoir que 4000 ophtalmologistes en 2025.

Dans le même temps, la population française vieillit. Elle nécessite par conséquent plus de soins. En effet, les maladies telles que le glaucome, la cataracte ou la DMLA sont intimement liées à l’âge.

Si rien n’est fait rapidement, on se dirige clairement vers une situation de blocage total. C’est une situation incompréhensible, dans la mesure où, dans le même temps, le nombre d’orthoptistes et d’opticiens est en forte croissance. On en compte respectivement 2 et 3 fois aujourd’hui qu’en 2010.

Le rapport de la cours des comptes

La semaine dernière, la cours des comptes à fait paraitre un rapport sur ce sujet. Ses recommandations sont à la fois surprenantes et fortes de symboles. Il y est question de transférer une bonne part des activités de l’ophtalmologiste à l’orthoptiste ou l’opticien.

  • L’orthoptiste

Son rapport préconise que « les bilans visuels et les consultations simples de premier recours soient confiés aux orthoptistes, qu’ils exercent dans un cabinet d’ophtalmologue en tant que salarié ou dans leur propre cabinet en libéral ». Seuls les orthoptistes acceptant de suivre une formation complémentaire de niveau master (bac + 5) seraient autorisés à pratiquer ces examens sans la supervision d’un médecin. En effet, actuellement, seuls ceux apparentant à une structure intégrant un ophtalmologiste sont en droit de le faire.

  • L’opticien

Mais la partie du rapport la plus « explosive » concerne les opticiens. Il leur accorderait un rôle plus important sous condition de suivre « une formation complémentaire de niveau master leur permettant d’acquérir des compétences en optométrie et en diagnostic clinique des troubles de la réfraction ».  En d’autre terme, il aurait l’autorité pour prescrire des lunettes ou des lentilles sans passer par l’ophtalmologiste. Afin de prévenir des conflits d’intérêt, l’opticien ne pourrait être à la fois le prescripteur et le vendeur d’un équipement d’optique.

Probablement pour s’éviter un tollé de la part des ophtalmologues, la Cour des compte prend garde à préciser que cet élargissement du champ de compétences des orthoptistes et des opticiens devrait se limiter à la prise en charge de situations simples. Ils auraient par ailleurs l’obligation d’orienter les patients vers l’ophtalmologiste en cas de suspicion d’une situation plus grave.

Que doit-on en retenir ?

Ce rapport est une forme d’aveu d’une situation qu’on a laissé dépérir tant ce qu’il préconise ressemble à des mesures d’urgence. Mais ce sont des mesures nécessaires c’est une certitude. Reste à voir comment ça va se passer concrètement. Par exemple, un opticien ne sera-t-il pas tenté d’orienter un client potentiel vers un magasin de la même enseigne ?

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